Nous passons beaucoup de temps à chercher des signes. Certains disent que l’on ressent une paix inexplicable. D’autres parlent de papillons dans le ventre, de coïncidences extraordinaires, de rêves, de compatibilité parfaite ou encore d’une confirmation divine. Nous aimerions tous disposer d’une formule capable de nous dire : « C’est lui » ou « C’est elle ».
Pourtant, la réalité est beaucoup moins romantique.
Il n’existe aucun signe infaillible permettant d’identifier à l’avance l’homme ou la femme de sa vie. Si une telle méthode existait, les divorces, les trahisons et les déceptions seraient beaucoup plus rares. La vérité est que l’amour ne se révèle pas avant l’épreuve ; il se révèle pendant l’épreuve.
La véritable question n’est donc pas : Comment savoir si c’est la bonne personne ? La bonne question est : Comment cette personne se comporte-t-elle lorsque la vie devient difficile ?
On ne découvre pas le caractère d’une personne pendant les vacances, les sorties ou les moments de passion. On le découvre lorsque l’argent manque, lorsqu’un projet échoue, lorsqu’une maladie survient, lorsqu’un conflit éclate ou lorsque les défauts deviennent impossibles à cacher.
L’homme ou la femme de votre vie n’est pas nécessairement celui ou celle qui vous impressionne le plus. C’est souvent celui ou celle qui choisit de rester lorsque partir serait plus facile.
La capacité à supporter les moments difficiles est un critère bien plus fiable que l’intensité des émotions. Beaucoup savent aimer quand tout va bien. Peu savent aimer lorsque l’autre est fatigué, blessé, en colère, au chômage, malade ou découragé.
De la même manière, personne n’épouse un être parfait. Nous avons tous des blessures, des habitudes agaçantes, des limites et des imperfections. La question n’est donc pas : « Mon partenaire a-t-il des défauts ? » mais plutôt : « Ses défauts sont-ils supportables ? Et les miens le sont-ils pour lui ou pour elle ? »
L’amour durable n’est pas l’absence de faiblesses. Il est la décision de ne pas abandonner quelqu’un à cause de ses faiblesses, tant que celles-ci ne détruisent ni la dignité, ni la sécurité, ni les valeurs fondamentales du couple.
Reconnaître la personne de sa vie, c’est aussi observer sa manière de gérer les désaccords. Une relation ne se mesure pas au nombre de disputes, mais à la façon dont elles se terminent. Deux personnes peuvent se blesser par leurs paroles ; l’essentiel est de savoir si elles sont capables de demander pardon, de pardonner, d’écouter et de reconstruire.
Enfin, il faut accepter une vérité que beaucoup refusent : l’homme ou la femme de votre vie n’est pas seulement quelqu’un que vous trouvez. C’est aussi quelqu’un que vous devenez l’un pour l’autre.
L’amour ne consiste pas à rencontrer une personne prédestinée. Il consiste à construire, jour après jour, une relation dans laquelle chacun choisit de rester fidèle, de grandir, de supporter les épreuves et de protéger l’autre.
Peut-être que le véritable signe n’apparaît pas avant le mariage, ni même au début de la relation. Il apparaît des années plus tard, lorsque, après avoir traversé les tempêtes, chacun peut regarder l’autre et dire : « Malgré nos défauts, malgré nos difficultés, nous avons choisi de rester. »
C’est peut-être cela, finalement, reconnaître l’homme ou la femme de sa vie : non pas trouver une personne parfaite, mais rencontrer quelqu’un avec qui les imperfections ne détruisent pas l’amour, et avec qui les épreuves deviennent des occasions de renforcer le lien plutôt que de le briser. 