Tu veux te marier ? Réponds d’abord à ces 3 questions
On donne beaucoup de conseils sur le mariage.
Les uns vous disent de vous marier jeune. Les autres vous conseillent d’attendre. Certains vous expliquent qu’il faut trouver une personne qui vous ressemble, tandis que d’autres affirment qu’il faut justement choisir quelqu’un de différent. Il y a ceux qui parlent de l’argent, ceux qui parlent de l’amour, ceux qui parlent de religion, de famille, de compatibilité ou encore de patience.
Mais au fond, combien de ces conseils peuvent réellement s’appliquer à tout le monde ?
Très peu.

Chaque couple découvre sa propre réalité.
C’est pourquoi, avant de demander aux autres : « Que dois-je faire pour réussir mon mariage ? », il serait peut-être plus important de se poser une question beaucoup plus personnelle :
« Suis-je réellement prêt à me marier ? »
1. Serai-je capable de supporter les nouveaux comportements de ma femme ?
Et pour un homme qui s’apprête à s’engager, trois questions me semblent particulièrement importantes.
Pendant les fiançailles, on croit souvent connaître suffisamment son partenaire.
On se voit dans les meilleurs moments. On se prépare avant les rendez-vous. On choisit parfois soigneusement les sujets dont on parle. Chacun cherche naturellement à présenter sa meilleure version.
Ce n’est pas forcément de la manipulation. C’est aussi humain.
Mais vivre ensemble change beaucoup de choses.
Une fois mariés, les habitudes deviennent visibles. Les petites manies apparaissent. Les défauts qu’on trouvait presque amusants peuvent commencer à nous agacer. La manière de gérer l’argent, le rangement, les repas, les visites familiales, la communication, le sommeil, les sorties ou les désaccords devient concrète.
Et parfois, on découvre une personne que l’on n’avait jamais réellement rencontrée.
La question n’est donc pas seulement : « Est-ce que je l’aime aujourd’hui ? »
Il faut aussi avoir le courage de demander :
« Si demain je découvre chez elle des comportements que je n’avais jamais vus pendant nos fiançailles, serai-je capable de les supporter, d’en parler et de construire avec elle ? »
Attention : supporter ne signifie pas accepter l’inacceptable.
La violence, l’humiliation, la manipulation ou les comportements destructeurs ne deviennent pas acceptables parce qu’on est marié. Il ne s’agit pas de demander à quelqu’un de tout subir.
Il s’agit de comprendre que le mariage rapproche deux êtres humains réels, avec leurs qualités, leurs défauts, leurs blessures, leurs habitudes et leurs contradictions.
Si vous recherchez une personne parfaite, ne vous mariez pas. Vous risquez de passer votre vie à être déçu.
2. Est-ce que j’aime cette personne ou est-ce que je me marie pour ce qu’elle représente ?
Cette question est peut-être l’une des plus difficiles.
Parce qu’il est possible de confondre l’amour avec l’intérêt.
On peut être attiré par une personne parce qu’elle est belle, riche, connue, influente, bien connectée ou issue d’une famille importante. On peut également vouloir se marier parce que cette personne peut nous donner un certain statut social.
Et parfois, on ne s’en rend même pas compte.
Il faut donc être honnête avec soi-même :
« Si cette personne perdait demain son argent, son influence, son statut ou les avantages que son entourage représente, est-ce que je voudrais toujours l’épouser ? »
La question peut faire mal.
Mais elle est nécessaire.
Parce que si je me marie principalement avec l’influence d’une personne, je risque de découvrir un jour que je n’ai jamais réellement aimé la personne elle-même.
L’influence peut ouvrir des portes. L’argent peut faciliter certaines choses. Le statut social peut attirer les regards.
Mais aucun de ces éléments ne garantit la paix dans une maison.
Lorsque les invités sont partis, lorsque les photos du mariage sont rangées, lorsque les réseaux sociaux ne parlent plus de vous, il reste deux personnes dans une maison.
C’est là que commence réellement le mariage.
Et c’est là que l’on découvre si l’on s’est marié avec une personne ou avec ce qu’elle représentait.
3. Serai-je réellement capable d’être un père ?
Beaucoup d’hommes rêvent de devenir pères.
Ils imaginent le moment où ils prendront leur enfant dans leurs bras. Ils pensent au prénom, aux photos, aux premiers pas, à la première rentrée scolaire.
Mais être père ne commence pas lorsque l’enfant arrive.
La responsabilité commence bien avant.
La grossesse peut transformer profondément la vie d’une femme. Son corps change. Ses émotions peuvent changer. La fatigue peut devenir importante. Les besoins augmentent. Certaines périodes sont difficiles à comprendre pour celui qui ne les vit pas directement.
Et après la grossesse vient l’enfant.
Puis les nuits interrompues.
Les pleurs.
Les maladies.
Les dépenses.
Les inquiétudes.
Les questions.
Les erreurs.
Les enfants ne grandissent pas selon notre calendrier. Ils ont leurs caractères, leurs caprices, leurs périodes difficiles et leurs propres besoins.
Alors l’homme doit se demander sincèrement :
« Suis-je prêt à accompagner ma femme pendant la grossesse et à assumer réellement les responsabilités qui viennent avec la paternité ? »
Pas seulement financièrement.
Être père, ce n’est pas simplement payer les factures.
C’est être présent.
C’est parfois se lever alors qu’on est fatigué. C’est écouter. C’est rassurer. C’est apprendre. C’est accepter de ne plus vivre uniquement pour soi.
C’est aussi comprendre que l’enfant n’est pas un projet personnel de l’homme ou de la femme. C’est une responsabilité commune.
Le mariage ne se prépare pas seulement avec une cérémonie
On peut préparer une magnifique cérémonie de mariage sans être préparé à vivre le mariage.
On peut choisir une belle salle, de beaux vêtements, inviter beaucoup de monde, prendre des centaines de photographies et pourtant être complètement désarmé devant les réalités qui arrivent après.
La cérémonie dure quelques heures.
Le mariage, lui, peut durer des décennies.
C’est pourquoi il faut peut-être passer davantage de temps à préparer l’homme et la femme qui vont vivre ensemble qu’à préparer uniquement la journée où ils vont se dire oui.
Je ne prétends pas avoir une recette du mariage. Personne ne l’a.
Les réalités sont différentes. Les familles sont différentes. Les caractères sont différents. Les histoires personnelles sont différentes. Même deux couples confrontés au même problème peuvent trouver des solutions complètement différentes.
Le meilleur conseil que l’on puisse parfois donner à quelqu’un qui veut se marier est donc de l’inviter à mieux se connaître lui-même.
Avant de demander : « Est-ce qu’elle est la bonne personne ? »
Demandez-vous :
« Suis-je moi-même prêt à être la personne qu’un mariage exige de moi ? »
Car on passe beaucoup de temps à chercher le bon partenaire.
Mais on oublie parfois une question essentielle :
« Est-ce que je suis prêt à être un bon partenaire ? »
Le mariage ne transforme pas automatiquement les gens en personnes mûres. Il révèle souvent ce que nous sommes déjà, puis nous oblige à grandir.
Alors, avant de dire « oui », prenez le temps de vous écouter.
Est-ce que je serai capable d’accueillir les changements de l’autre ?
Est-ce que j’aime véritablement cette personne, au-delà de son influence et de ce qu’elle peut m’apporter ?
Est-ce que je suis prêt à devenir un père présent, patient et responsable ?
Si vous n’avez pas encore les réponses, ce n’est peut-être pas une raison de renoncer au mariage.
C’est peut-être simplement une raison de prendre encore un peu de temps.
Le mariage n’est pas seulement le choix de la personne avec laquelle on veut vivre. C’est aussi le choix de l’homme ou de la femme que l’on décide de devenir.
Grâce Tshitala Ilunga
Auteur, essayiste et conférencier