septembre 10, 2026 Par grace tshitala

La psychologie de la jeunesse congolaise : pourquoi suivons-nous autant la vague ?

Il suffit parfois qu’un jeune Congolais réussisse dans un domaine pour que beaucoup d’autres se mettent à faire la même chose. Si la politique attire l’attention, beaucoup veulent faire de la politique. Si le développement personnel devient populaire, de nouveaux coachs apparaissent. Si un jeune se fait remarquer grâce à la littérature, nombreux sont ceux qui veulent soudainement écrire.

Mais une question mérite d’être posée : est-ce réellement ce que nous voulons, ou suivons-nous simplement la vague ?

S’inspirer des autres n’est pas un problème. Nous avons tous besoin de modèles. Le problème commence lorsque nous ne nous inspirons plus de leur parcours, mais que nous cherchons à reproduire leur chemin.

Voir quelqu’un réussir en politique ne signifie pas que la politique est notre vocation. Voir un écrivain être reconnu ne signifie pas que nous sommes faits pour écrire. Voir un entrepreneur gagner de l’argent ne signifie pas que nous devons devenir entrepreneurs.

Il faut apprendre à faire la différence entre l’inspiration et le mimétisme. L’inspiration nous pousse à apprendre. Le mimétisme nous pousse à copier.

Cette tendance est aussi renforcée par les réseaux sociaux. Nous voyons les résultats : les voitures, les voyages, les entreprises, les livres, les conférences, la reconnaissance. Mais nous voyons rarement les années de travail, les sacrifices et les échecs qui ont précédé.

Nous voulons parfois le résultat sans accepter le chemin.

C’est pourquoi certains commencent une activité avec beaucoup d’enthousiasme pour l’abandonner quelques mois plus tard. Ils n’étaient pas nécessairement attachés au domaine lui-même, mais à l’image de réussite qu’il renvoyait.

À force de fonctionner ainsi, on peut finir par ne plus savoir ce que l’on veut réellement. Aujourd’hui entrepreneur, demain politicien, après-demain écrivain ou influenceur. Changer de voie n’est évidemment pas mauvais. Mais lorsque notre direction dépend constamment de ce que les autres font, une question devient essentielle :

Où est ma propre conviction ?

Le problème dépasse alors la carrière. Une personne qui ne développe pas son propre jugement devient plus vulnérable à l’influence politique, religieuse, sociale ou commerciale. On peut facilement lui dire quoi penser, qui suivre et même quel rêve poursuivre.

La foule peut avoir raison, mais elle peut aussi se tromper.

C’est pourquoi nous devons apprendre à écouter sans renoncer à notre capacité de réfléchir. Nous pouvons admirer quelqu’un sans vouloir devenir cette personne. Apprendre d’un entrepreneur sans devenir entrepreneur. Lire un penseur sans accepter chacune de ses idées.

La vraie question devrait être : « Qu’est-ce que je veux réellement construire ? »

Pas ce qui est à la mode. Pas ce qui semble rapporter le plus. Pas ce qui rend les autres célèbres.

Mais ce que nous sommes prêts à poursuivre pendant des années, même lorsque les résultats tardent et que personne ne nous applaudit.

Avant de suivre une nouvelle tendance, posons-nous simplement quelques questions : est-ce vraiment mon rêve ? Est-ce le travail qui m’attire ou le prestige qui l’accompagne ? Si personne autour de moi ne faisait cela, est-ce que je le choisirais quand même ?

Les réponses peuvent être inconfortables. Elles peuvent révéler que certains de nos projets ne sont pas vraiment les nôtres.

Nous n’avons pas tous la même histoire, les mêmes capacités, les mêmes passions ni la même destination. Alors pourquoi vouloir systématiquement emprunter le chemin de quelqu’un d’autre ?

La jeunesse congolaise a besoin d’ambition, certes, mais aussi de convictions et d’esprit critique.

Il faut pouvoir dire : « Je respecte ton parcours, mais je n’ai pas besoin de suivre ton chemin. »

Parce que notre défi n’est pas de trouver la prochaine vague à suivre.

C’est d’avoir le courage de choisir notre propre direction.