Comment j’ai économisé plus de 1 000 $ grâce au lavage de voitures
Quand on parle aujourd’hui de gagner 1 000 dollars, beaucoup de personnes pensent immédiatement à un grand commerce, à un bon salaire ou à un investissement important.
Pourtant, je voudrais raconter quelque chose de beaucoup plus simple.
En 2018, je lavais des voitures.
Oui, simplement des voitures.
À cette époque, ce métier pouvait me rapporter entre 20 000 et 30 000 francs congolais par jour, selon les journées. Il y avait des jours où les clients étaient nombreux et d’autres où je rentrais avec beaucoup moins.
Je ne savais pas encore que cette petite activité allait m’apprendre une leçon importante sur l’argent.
Pendant environ six mois, j’ai réussi à mettre de côté une somme qui dépassait l’équivalent de 1 000 dollars.
Avec le recul, je comprends que ce n’est pas seulement le lavage de voitures qui m’a permis d’y arriver.
C’est surtout la manière dont je gérais ce que je gagnais.
Je n’avais pas beaucoup de charges
Il faut commencer par être honnête sur ma situation à cette époque.
Je n’avais pas encore de famille à prendre en charge. Je n’avais pas de loyer à payer. Je mangeais à la maison.
Ma principale dépense était le transport.
Cela change beaucoup de choses.
Je ne voudrais donc pas raconter mon histoire comme si n’importe quelle personne pouvait simplement décider d’épargner 80 % de ses revenus. Quelqu’un qui a des enfants, un loyer, des frais scolaires, des parents à soutenir et plusieurs autres responsabilités ne peut évidemment pas fonctionner comme moi à cette époque.
Mais justement, ma situation m’a permis de comprendre quelque chose :
quand les charges sont faibles, il faut profiter de cette période pour construire quelque chose.
C’est ce que j’ai essayé de faire.
Je m’étais imposé une règle
Quand je gagnais de l’argent, je ne me demandais pas d’abord :
« Qu’est-ce que je peux acheter aujourd’hui ? »
Je pensais plutôt :
« Quelle partie de cet argent ne dois-je pas toucher ? »
J’avais décidé d’épargner environ 80 % de mes revenus.
Si je gagnais 20 000 FC, cela faisait environ 16 000 FC que je mettais de côté.
Si je gagnais 30 000 FC, j’en mettais environ 24 000 de côté.
Le reste servait à mes petites dépenses, notamment le transport.
Je vivais donc avec une petite partie de ce que je gagnais.
Ce n’était pas toujours facile.
Parce que lorsqu’on a un peu d’argent dans les mains, on a naturellement envie de l’utiliser.
On se dit : « Aujourd’hui seulement, je vais prendre ceci. »
Puis une autre petite dépense arrive.
Et une autre.
Et finalement, l’argent qui semblait suffisant au début disparaît sans même qu’on sache vraiment où il est passé.
J’ai donc essayé de ne pas laisser mes envies décider à ma place.
Le plus difficile n’était pas de gagner l’argent
Avec le temps, j’ai compris quelque chose qui me paraît encore plus important aujourd’hui.
Gagner de l’argent demande des efforts.
Mais conserver l’argent demande aussi une discipline.
On peut travailler toute la journée, rentrer avec 30 000 FC et avoir l’impression d’avoir beaucoup gagné.
Mais si, le lendemain, il ne reste rien, qu’est-ce qui a réellement changé ?
C’est une question que je me suis posée.
J’ai donc commencé à regarder mon revenu autrement.
Les 20 000 ou 30 000 FC que je gagnais n’étaient pas seulement de l’argent à dépenser.
Une partie pouvait devenir mon argent de demain.
Et cette petite différence a changé ma façon de travailler.
Chaque journée comptait
Lorsque je travaillais, je ne voyais plus seulement une voiture à laver.
Je voyais aussi une petite partie de mon objectif.
Une journée ne suffisait pas.
Deux journées non plus.
Mais plusieurs semaines, puis plusieurs mois, commençaient à produire quelque chose.
C’est là que j’ai découvert une chose très simple : l’argent peut s’accumuler lorsque la discipline s’accumule avec lui.
On sous-estime souvent les petites sommes parce qu’elles semblent insignifiantes.
Mais 5 000 FC économisés aujourd’hui deviennent quelque chose.
Puis encore 5 000 demain.
Et encore après-demain.
Le problème n’est pas toujours que nous ne gagnons pas assez.
Parfois, nous ne donnons simplement pas assez de temps à notre argent pour s’accumuler.
Je ne cherchais pas à paraître riche
À cette période, j’aurais pu utiliser une plus grande partie de mon argent pour améliorer mon apparence, sortir davantage ou acheter certaines choses.
Mais je savais que cela m’éloignerait de mon objectif.
Il y a une chose que j’ai comprise assez tôt :
si vous dépensez votre argent pour montrer aux autres que vous avez de l’argent, vous risquez de rester pauvre tout en donnant l’impression d’être riche.
Je préférais avoir une petite somme cachée quelque part plutôt qu’un objet visible que tout le monde pouvait admirer.
Ce choix n’était pas spectaculaire.
Mais il était utile.
Et ceux qui ont une famille ?
C’est ici que je veux faire une différence importante.
Si vous êtes marié, si vous avez des enfants, si vous payez un loyer ou si vous avez des personnes qui dépendent de vous, ne regardez pas mon histoire en vous disant :
« Moi aussi, je dois économiser 80 %. »
Non.
Votre réalité est différente.
Et votre stratégie doit tenir compte de cette réalité.
Une personne qui gagne 600 000 FC par mois et qui doit prendre en charge une famille ne peut pas forcément mettre 480 000 FC de côté.
Ce serait même irresponsable si cela l’empêchait de nourrir ses enfants ou de payer son logement.
Mais cette personne peut peut-être commencer avec 5 %, 10 % ou 15 %.
L’important est de commencer par un montant qui ne détruit pas l’équilibre de la maison.
Commencez par vous payer vous-même
Imaginons quelqu’un qui gagne 500 000 FC par mois.
S’il décide d’épargner 10 %, cela représente 50 000 FC.
Il peut recevoir son salaire et mettre immédiatement ces 50 000 FC de côté.
Il lui reste 450 000 FC pour organiser ses dépenses.
Le mois suivant, même chose.
Puis le mois d’après.
Ce qui compte ici, ce n’est pas seulement le montant.
C’est le fait que l’épargne devienne une habitude.
Parce que si vous attendez la fin du mois pour voir ce qui reste, vous risquez de constater qu’il ne reste rien.
Faites plusieurs catégories
Pour quelqu’un qui a beaucoup de responsabilités, je trouve utile de séparer l’argent en plusieurs catégories.
Une partie pour les besoins essentiels.
Une partie pour l’épargne.
Et, lorsque c’est possible, une partie pour développer son activité ou apprendre quelque chose qui peut permettre de gagner davantage.
Parce que je ne pense pas que l’objectif doive être uniquement :
« Comment économiser ? »
Il faut aussi se demander :
« Comment augmenter progressivement mes revenus ? »
Économiser 50 000 FC est bien.
Mais apprendre à passer de 500 000 à 700 000 FC de revenus peut également changer beaucoup de choses.
Les deux doivent avancer ensemble.
Attention à une erreur : prendre constamment dans son épargne
Il y a des personnes qui économisent.
Elles arrivent à 100 000 FC.
Puis elles ont une petite envie.
Elles prennent 20 000 FC.
Elles économisent à nouveau.
Elles arrivent à 150 000 FC.
Un autre besoin apparaît.
Elles prennent encore.
Et elles recommencent toujours à zéro.
Bien sûr, certaines dépenses sont réellement urgentes.
La vie est imprévisible.
Mais si chaque petite envie devient une urgence, l’épargne ne pourra jamais grandir.
Il faut donc apprendre à faire la différence entre un besoin, une envie et une véritable urgence.
Cette distinction paraît simple.
Elle peut pourtant sauver beaucoup d’argent.
Le petit métier n’est pas le problème
Je me souviens du regard que certaines personnes pouvaient avoir sur le lavage de voitures.
Ce n’était pas un métier qui impressionnait particulièrement.
Mais moi, je regardais les choses autrement.
Je me disais :
« Tant que ce travail me permet de gagner honnêtement de l’argent, pourquoi devrais-je avoir honte ? »
Un petit métier peut devenir un grand apprentissage.
Le lavage de voitures m’a appris à travailler, à être ponctuel, à servir les clients et surtout à gérer un revenu qui n’était pas garanti chaque jour.
Il m’a également appris quelque chose que je garde encore aujourd’hui :
il vaut mieux commencer petit que rester immobile en attendant une grande opportunité.
Je ne dis pas que tout le monde doit laver des voitures
Ce n’est évidemment pas le message.
Le message est plutôt :
commencez avec ce que vous avez.
Vous savez peut-être cuisiner.
Vous savez peut-être réparer des téléphones.
Vous savez peut-être coiffer.
Vous savez peut-être faire du graphisme.
Vous savez peut-être nettoyer, livrer, vendre, réparer, écrire, photographier ou enseigner.
Ne méprisez pas une activité simplement parce qu’elle commence modestement.
Au début, votre activité ne vous donnera peut-être pas beaucoup d’argent.
Mais elle peut vous apprendre à en produire.
Et surtout, elle peut vous apprendre à le gérer.
Ce que les six mois m’ont réellement appris
Lorsque j’ai finalement atteint cette somme, j’étais évidemment heureux.
Mais avec le recul, je pense que le véritable gain n’était pas seulement l’argent économisé.
J’avais découvert quelque chose sur moi-même.
J’avais compris que je pouvais prendre un revenu relativement modeste et, avec de la discipline, en conserver une partie importante.
J’avais compris que chaque journée de travail pouvait contribuer à un objectif plus grand.
Et j’avais surtout compris que l’épargne n’est pas une question de richesse uniquement. C’est aussi une question de comportement.
Une personne qui gagne beaucoup mais dépense tout peut être fragile financièrement.
Une personne qui gagne moins mais qui sait conserver une partie de son revenu peut progressivement construire une sécurité.
Évidemment, cela ne signifie pas que les revenus ne comptent pas.
Ils comptent énormément.
Mais ils ne racontent pas toute l’histoire.
Si vous voulez économiser 1 000 dollars
Je ne vais pas vous promettre qu’il existe une méthode magique pour économiser 1 000 dollars en six mois.
Il n’y en a pas.
Votre situation, votre revenu, vos charges et le coût de la vie détermineront ce qui est réellement possible pour vous.
Mais vous pouvez commencer par quelques questions simples :
Combien est-ce que je gagne réellement chaque mois ?
Combien est-ce que je dépense réellement ?
Quelles sont mes dépenses indispensables ?
Quelles sont celles que je pourrais réduire ?
Combien puis-je mettre de côté sans mettre ma famille en difficulté ?
Et surtout :
À quoi est destinée mon épargne ?
Une fois que vous avez les réponses, fixez un montant réaliste et tenez-vous y.
Même si ce montant vous paraît petit.
Parce qu’une petite somme régulièrement économisée vaut mieux qu’une grande ambition jamais commencée.
Ma conclusion
Le lavage de voitures ne m’a pas rendu riche.
Mais il m’a appris quelque chose sur la richesse.
J’ai compris que parfois, on cherche tellement le grand moyen de gagner de l’argent qu’on oublie les petites possibilités qui sont déjà devant nous.
En 2018, je n’avais pas beaucoup de moyens.
J’avais simplement un travail, peu de charges et une décision : ne pas consommer tout ce que je gagnais.
Pendant environ six mois, j’ai travaillé et épargné.
Et cette discipline m’a permis d’accumuler plus de 1 000 dollars.
Aujourd’hui, si je raconte cette histoire, ce n’est pas pour dire :
« Faites exactement comme moi et vous deviendrez riches. »
Ce serait faux.
Je veux simplement partager une leçon que mon propre parcours m’a enseignée :
Ne méprisez jamais un petit revenu lorsqu’il est accompagné d’une grande discipline.
Un petit métier peut nourrir une famille.
Il peut financer une formation.
Il peut permettre d’acheter un outil de travail.
Il peut constituer un premier capital.
Il peut même changer une trajectoire.
Tout commence parfois avec peu.
Mais ce peu doit être bien utilisé.
— Grâce Tshitala Ilunga
Auteur, essayiste et conférencier
